Conques
Toits de lauze, abbatiale romane et tympan sculpté au creux d'un vallon du Rouergue
Dossier · 30 villages · France, Autriche, Allemagne, Espagne, Italie, Luxembourg, Portugal
Chemins de Saint-Jacques, vignobles, trulli et lacs alpins : les villages reconnus par l'UNESCO.

Une inscription au patrimoine mondial vise rarement un village seul. L'UNESCO classe un bien : un centre historique comme à San Gimignano, un ensemble bâti comme les trulli d'Alberobello, un paysage culturel comme le vignoble de Saint-Émilion ou la Wachau, un réseau de monuments comme les chemins de Saint-Jacques ou les fortifications de Vauban. Le village se trouve alors dans le périmètre protégé, ou conserve l'un des éléments inscrits : un pont, une cathédrale, une abbatiale. Ce dossier réunit les villages du site dont la fiche mentionne ce lien, en précisant chaque fois ce qui est réellement protégé, et à quel titre.
Les dates d'inscription s'étalent sur plus de trente ans, de Vézelay en 1979 aux paysages des Causses et des Cévennes en 2011, en passant par le golfe de Porto en 1983 ou les sites de Vauban en 2008. Le classement a souvent changé le destin de ces lieux : Manarola s'est relancé par le tourisme après 1997, Hallstatt reçoit des visiteurs du monde entier. Le revers est connu : foule en été, parkings saturés, ruelles embouteillées. Chaque section indique donc comment regarder ces sites autrement, en marchant dans le paysage protégé plutôt qu'en restant sur la place principale, et à quelle saison venir.
En 1998, l'UNESCO inscrit les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France : un bien en série fait de monuments répartis sur les quatre voies historiques et de tronçons de sentier sur la voie du Puy. Plusieurs villages du site en conservent un élément. À Conques, c'est l'abbatiale Sainte-Foy, grande étape de la voie du Puy. À Estaing, le pont gothique sur le Lot, que les marcheurs traversent chaque matin. À Rocamadour, la basilique Saint-Sauveur et la crypte Saint-Amadour, au cœur de la cité sanctuaire. À Saint-Guilhem-le-Désert, l'abbaye de Gellone, étape de la voie d'Arles. À Saint-Bertrand-de-Comminges, la cathédrale Sainte-Marie, au-dessus des ruines romaines. Ces villages se prêtent bien à une visite couplée avec quelques heures de marche sur le chemin.
Toits de lauze, abbatiale romane et tympan sculpté au creux d'un vallon du Rouergue
Un château de schiste, un pont gothique sur le Lot et le passage des pèlerins de Compostelle
Une cité sanctuaire agrippée à la falaise, trois étages de pierre au-dessus du canyon de l'Alzou
Une abbaye carolingienne et des toits de tuiles blottis au fond d'un cirque de calcaire
Une cathédrale sur une colline, une ville romaine à ses pieds et les Pyrénées derrière
Plusieurs inscriptions protègent des paysages façonnés par la vigne et le fleuve. Le vignoble de Saint-Émilion, inscrit en 1999 comme paysage culturel, compte parmi les premiers vignobles reconnus à ce titre ; il couvre huit communes autour de la cité de calcaire blond et de son église monolithe. Le Val de Loire, inscrit en 2000, englobe Montsoreau, dont le château a les pieds dans le fleuve, et Candes-Saint-Martin, au confluent de la Vienne. La même année, la Wachau autrichienne, vallée des vignes et des abricotiers, entre sur la liste avec Dürnstein et son clocher bleu, ou Weissenkirchen et ses terrasses de l'Achleiten. Sur le Rhin, Bacharach appartient à la vallée du Haut-Rhin moyen, classée de Bingen à Coblence, avec sa quarantaine de châteaux forts.
Une cité de calcaire blond, une église creusée dans le roc et un vignoble classé par l'UNESCO
Montsoreau, château de tuffeau les pieds dans la Loire, entre vignes de Saumur-Champigny et caves troglodytes
Une collégiale fortifiée au confluent de la Vienne et de la Loire, entre tuffeau et ardoise
Un clocher bleu au bord du Danube, des terrasses de vignes et la ruine où fut enfermé Richard Cœur de Lion
Colombages, tours de guet et vignes en terrasses sous le château de Stahleck
Une église fortifiée, des cours Renaissance et les vignes de l'Achleiten au bord du Danube
Les paysages agropastoraux des Causses et des Cévennes, inscrits en 2011, reconnaissent une manière de vivre autant qu'un décor : troupeaux, lavognes, fermes de pierre et drailles de transhumance. La Couvertoirade, cité des Templiers et des Hospitaliers close de murs au milieu du Larzac, et Sainte-Enimie, accrochée aux gorges du Tarn, en font partie. En Autriche, Hallstatt est inscrit depuis 1997 : maisons serrées entre le lac et le Salzberg, mine de sel exploitée depuis la préhistoire. À Majorque, Valldemossa et Deià se trouvent dans la Serra de Tramuntana, reconnue pour ses terrasses, ses murs de pierre sèche et ses chemins pavés, que l'on parcourt à pied à travers les oliviers et les chênes verts.
Une cité de Templiers et d'Hospitaliers close de murs au milieu du Larzac
Un village de calcaire blond accroché aux gorges du Tarn, entre source sacrée et canoë
Des maisons serrées entre un lac sombre et une montagne de sel, dans le Salzkammergut
Volets verts et chartreuse de Chopin sous les crêtes calcaires de la Serra de Tramuntana
Maisons de pierre ocre enroulées autour d'une colline, entre oliviers en terrasses et crique de galets
D'autres inscriptions portent sur un ensemble bâti. La colline de Vézelay et sa basilique romane Sainte-Marie-Madeleine sont inscrites dès 1979, parmi les tout premiers biens français. Le centre historique de San Gimignano, avec ses quatorze tours, l'est depuis 1990 : la ville s'est figée après la peste de 1348 et sa soumission à Florence, ce qui a sauvé son visage médiéval. En Toscane aussi, Pienza, ville idéale de la Renaissance, est inscrite en 1996, et le Val d'Orcia voisin en 2004. À Alberobello, en 1996, ce sont plus d'un millier de trulli, maisons de pierre sèche aux toits coniques, qui entrent sur la liste. Villefranche-de-Conflent, enfin, est inscrite depuis 2008 avec onze autres sites fortifiés par Vauban, pour ses remparts de marbre rose et le fort Libéria, relié à la ville par un long escalier souterrain.
Une colline, une basilique romane et la lumière du Morvan au bout d'une seule rue
Quatorze tours de pierre grise au-dessus des vignes de Vernaccia, sur la via Francigena
Plus d'un millier de trulli aux toits coniques de pierre grise, blanchis à la chaux
Une ville close de Vauban en marbre rose au pied du Canigou et du Train Jaune
Une ville idéale de la Renaissance posée sur une crête, face aux collines ondulées du Val d'Orcia
Trois inscriptions concernent des villages de bord de mer. Le golfe de Porto, les calanques de Piana et la réserve de Scandola forment depuis 1983 un ensemble naturel classé : Piana, village blanc posé sur un balcon de granit rose, en est la base la plus agréable, avec le sentier du Château fort et les plages de Ficajola et d'Arone. En Ligurie, Manarola fait partie des Cinque Terre, inscrites en 1997 avec Portovenere et les îles voisines, pour leurs vignes en terrasses tenues par des milliers de kilomètres de murets. Positano et Ravello appartiennent à la côte amalfitaine, inscrite la même année comme paysage culturel. À Positano, les maisons s'empilent de la plage Grande jusqu'aux escaliers qui montent vers Montepertuso et Nocelle, tandis que Ravello domine la côte depuis ses jardins suspendus.
Des maisons blanches sur un balcon de granit rose, au-dessus des calanques et du golfe de Porto
Des maisons-tours roses et jaunes sur un rocher noir, entre vignes en terrasses et mer
Des maisons blanches et roses empilées jusqu'à la mer, sous une coupole de majoliques
Un village de villas et de jardins suspendus à 350 m au-dessus de la côte amalfitaine
L'UNESCO ne se limite pas à la liste du patrimoine mondial. À Clervaux, au Luxembourg, le château abrite The Family of Man, exposition photographique réunie par Edward Steichen et inscrite depuis 2003 au registre Mémoire du monde. Monsanto, au Portugal, se trouve dans le géoparc mondial Naturtejo, reconnu pour ses gorges, ses fossiles et ses paysages de granit. En Aragon, Albarracín et Alquézar ne sont pas inscrits eux-mêmes, mais leurs environs conservent des abris ornés classés au patrimoine mondial avec l'art rupestre de l'arc méditerranéen : dans les pins de rodeno pour le premier, dans les gorges du Vero pour le second. En Autriche, Mauterndorf appartient à la réserve de biosphère du Lungau, reconnue en 2012. Ces sites complètent la visite du village, qui reste l'attrait principal.
Château blanc, abbaye bénédictine et photographies d'Edward Steichen au fond de la vallée de la Clerve
Un village de granit bâti entre des rochers géants, sous un château templier
Maisons de plâtre rouge accrochées à la falaise au-dessus du Guadalaviar, sous une muraille en crête
Une collégiale-forteresse au-dessus du canyon du Vero, aux portes de la Sierra de Guara
Un bourg de montagne aux façades peintes sous son château des archevêques, au carrefour des vallées du Lungau
Pratique
Les villages inscrits comptent parmi les plus fréquentés de leur région. Venez au printemps, en septembre ou en octobre, arrivez tôt le matin ou restez le soir, quand les cars sont repartis. Certaines visites se font uniquement en groupe guidé, comme la mine de sel de Hallstatt ou l'église monolithe de Saint-Émilion : renseignez-vous avant de partir. Dans les paysages classés, la meilleure visite se fait à pied, sur les sentiers des Cinque Terre, de la Wachau ou du Larzac. Respectez les zones habitées, surtout à Hallstatt et Alberobello, où les habitants vivent au milieu des visiteurs.
Cela arrive, mais c'est rare. Le centre historique de San Gimignano et les quartiers de trulli d'Alberobello sont inscrits comme ensembles bâtis. Le plus souvent, le village fait partie d'un paysage plus vaste, comme le Val de Loire ou la Wachau, ou ne conserve qu'un monument inscrit, comme le pont d'Estaing ou la cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges.
Vézelay, Saint-Émilion, Montsoreau, Candes-Saint-Martin, Conques, Rocamadour, Estaing, Saint-Guilhem-le-Désert, Saint-Bertrand-de-Comminges, La Couvertoirade, Sainte-Enimie, Villefranche-de-Conflent et Piana. Les motifs varient : chemins de Saint-Jacques, Val de Loire, Causses et Cévennes, fortifications de Vauban, vignoble de Saint-Émilion ou golfe de Porto. Dans la plupart des cas, c'est un monument ou un paysage qui est inscrit, et non le village entier.
Vézelay, inscrit en 1979 pour sa colline et sa basilique romane, fait partie des tout premiers biens français de la liste. Viennent ensuite le golfe de Porto, qui englobe les calanques de Piana, en 1983, puis le centre historique de San Gimignano en 1990 et les trulli d'Alberobello en 1996.
Elle s'accompagne d'un plan de gestion et de règles de conservation : façades, toitures, enseignes et constructions nouvelles sont encadrées. Pour le visiteur, cela se traduit par des sites bien entretenus, mais aussi par une fréquentation plus forte, des centres fermés aux voitures et parfois des accès limités aux heures d'affluence.