Rothenburg ob der Tauber
Remparts intacts, ruelles à colombages et tours de guet au-dessus de la vallée de la Tauber
Dossier · 25 villages · Allemagne, Portugal, Espagne, France, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg
Remparts intacts, citadelles de Vauban, forteresses en étoile et châteaux forts perchés.

Pendant des siècles, un village qui comptait devait pouvoir se défendre. Seigneurs, évêques, ordres militaires puis ingénieurs du roi ont entouré les bourgs de murailles, de portes à herse, de tours et de fossés, ou les ont perchés sur un éperon impossible à prendre. La plupart de ces enceintes ont été démolies au XIXe siècle pour laisser passer les routes et le chemin de fer. Celles qui ont survécu l'ont souvent fait par oubli : un village resté à l'écart du développement n'avait ni les moyens ni l'envie d'abattre ses remparts.
Ce dossier réunit les villages du site où la fortification reste le premier spectacle : enceintes médiévales que l'on parcourt par le chemin de ronde, places fortes modernes dessinées par Vauban et ses contemporains, forteresses en étoile des Pays-Bas, citadelles de granit sur la frontière entre le Portugal et l'Espagne, châteaux forts dominant une rivière. Chaque section correspond à une manière de fortifier, du Moyen Âge à l'époque moderne. Les bastides, villes neuves souvent fortifiées du Sud-Ouest, ont leur propre page thématique.
Rothenburg ob der Tauber a conservé l'essentiel de sa muraille, avec ses tours et ses portes : on parcourt une grande partie du chemin de ronde couvert, à hauteur des toits, pour une vue plongeante sur les cours et les colombages. Plus au sud, Dinkelsbühl possède l'une des enceintes les plus complètes d'Allemagne, ponctuée de tours et de quatre portes, que l'on longe par les fossés et les étangs. Au Portugal, Óbidos se découvre depuis ses remparts, sur un chemin étroit et sans garde-corps qui fait le tour du village blanc. En Aragon, les murailles d'Albarracín escaladent la crête au-dessus du bourg rouge jusqu'à la tour de l'Andador. Partout, le chemin de ronde se parcourt de préférence tôt le matin, avant les groupes.
Remparts intacts, ruelles à colombages et tours de guet au-dessus de la vallée de la Tauber
Seize tours, quatre portes et des façades colorées dans une cité jamais détruite
Une ville des reines ceinte de remparts, aux maisons blanches bordées de bleu et d'ocre
Maisons de plâtre rouge accrochées à la falaise au-dessus du Guadalaviar, sous une muraille en crête
Larressingle, dans le Gers, est souvent présenté comme le plus petit village fortifié de France : une enceinte du XIIIe siècle, un pont sur les douves, une porte unique et le donjon des évêques de Condom, le tout se visitant en moins d'une heure. Sur le Larzac, La Couvertoirade doit ses remparts aux Hospitaliers, qui l'ont fortifiée au XVe siècle après les Templiers ; une partie du chemin de ronde est ouverte et domine les toits de lauze et le causse. En Moselle, Rodemack, surnommée la petite Carcassonne lorraine, garde ses remparts et ses portes au bord de la Boler. Dans l'Ain, Pérouges reste enfermée dans son enceinte, entre la porte d'en Haut et la porte d'en Bas. En Mayenne, Sainte-Suzanne rappelle qu'elle résista plusieurs années au siège de Guillaume le Conquérant.
La plus petite cité fortifiée de France, close dans ses remparts au milieu des vignes d'Armagnac
Une cité de Templiers et d'Hospitaliers close de murs au milieu du Larzac
Rodemack, bourg fortifié de Lorraine aux 700 mètres de remparts, à deux pas du Luxembourg
Cité médiévale de tisserands sur sa colline, galets, colombages et galette au sucre
Sainte-Suzanne, cité fortifiée de la Mayenne perchée au-dessus de l'Erve, qui a tenu tête à Guillaume le Conquérant
À partir du XVIIe siècle, l'artillerie impose des murs plus bas et plus épais, des bastions et des glacis. Villefranche-de-Conflent, au pied du Canigou, conserve une enceinte médiévale renforcée par Vauban après le traité des Pyrénées, dominée par le fort Libéria ; elle fait partie des fortifications de Vauban inscrites au patrimoine mondial. À Entrevaux, on franchit le Var par un pont-levis avant de monter à la citadelle par une longue rampe en lacets, remaniée par Vauban à la fin du XVIIe siècle. Sur la côte charentaise, Brouage est une place forte construite sous Richelieu pour contrôler le port du sel : ses remparts carrés, longs de plus de deux kilomètres, émergent aujourd'hui des marais, la mer s'étant retirée.
Une ville close de Vauban en marbre rose au pied du Canigou et du Train Jaune
Une cité fortifiée par Vauban au bord du Var, sous une citadelle perchée sur son rocher
Une citadelle du XVIIe siècle posée dans les marais, à trois kilomètres d'une mer qui s'est retirée
Aux Pays-Bas, la guerre de Quatre-Vingts Ans a produit une école de fortification à part, faite de bastions de terre et de fossés en eau. Bourtange, aménagée en 1593 près de la frontière allemande, en est l'exemple le plus parlant : une étoile à cinq branches entourée d'une double ceinture de douves, restaurée dans les années 1960 et 1970 avec ses ponts, ses moulins et ses casernes. Vue du sol, elle se comprend en marchant sur les remparts herbeux ; vue d'en haut, sa géométrie surprend. Dans le Limbourg, Thorn n'a pas de remparts mais a gardé le plan serré de son ancienne principauté abbatiale, refermée sur elle-même autour de l'église.
Le long de la frontière entre le Portugal et l'Espagne, une ligne de châteaux surveillait le royaume voisin. Marvão occupe une crête de granit à plus de 800 m d'altitude, enfermée dans ses murailles, avec un château dont le donjon embrasse l'Alentejo et l'Estrémadure. Sortelha, l'un des villages historiques du Portugal, est encore entièrement ceinturé de remparts du Moyen Âge, et Monsanto accroche ses maisons aux blocs de granit sous les ruines de son château. Plus au sud, Monsaraz domine le lac d'Alqueva depuis son enceinte et son donjon. Sur la côte valencienne, Peñíscola s'avance dans la mer derrière ses remparts, couronnée par le château des Templiers où résida le pape Benoît XIII.
Un nid d'aigle blanc sur une crête de granit, avec vue sur l'Espagne et l'Alentejo
Des remparts de granit intacts autour d'un village de pierre, face à la Serra da Estrela
Un village de granit bâti entre des rochers géants, sous un château templier
Un village blanc et schiste sur sa colline, entre vignes, menhirs et le grand lac d'Alqueva
Une vieille ville blanche sur un rocher dans la mer, coiffée du château du pape Luna
Certains villages ne sont qu'un faubourg au pied de leur forteresse. À Bouillon, le château de Godefroy de Bouillon tient l'éperon rocheux enserré par une boucle de la Semois. Au Luxembourg, Vianden se blottit sous un château restauré qui domine la vallée de l'Our. Au bord du Léman, Yvoire a gardé ses portes du XIVe siècle et le château des comtes de Savoie, les pieds dans l'eau. En baie de Somme, la ville haute de Saint-Valery-sur-Somme conserve ses remparts et la porte Guillaume, par laquelle Jeanne d'Arc serait passée prisonnière en 1430. En Dordogne, Beynac et Castelnaud se font face de part et d'autre de la rivière, anciennes forteresses rivales de la guerre de Cent Ans.
Un château fort millénaire au-dessus des méandres de la Semois, aux portes de l'Ardenne
Un château immense au-dessus de l'Our, une rue en pente et la maison de Victor Hugo
Village médiéval fleuri au bord du Léman, entre château, portes fortifiées et port de pêcheurs
Ville haute fortifiée, maisons de pêcheurs fleuries et marées sur la baie de Somme
Une forteresse au bord du vide et des ruelles de pierre blonde qui grimpent depuis la Dordogne
Un château fort aux trébuchets et un village en escalier au confluent du Céou et de la Dordogne
Pratique
Les remparts se parcourent souvent librement, mais certains chemins de ronde ont des horaires, un droit d'entrée ou ferment par grand vent : vérifiez auprès de l'office de tourisme. Prévoyez de bonnes chaussures, car les pavés, les escaliers et les passages sans garde-corps sont la règle, comme à Óbidos ou sur les murailles d'Albarracín ; avec de jeunes enfants, tenez-les par la main sur les parties non protégées. Les citadelles perchées, comme celles d'Entrevaux ou de Marvão, imposent une montée raide : partez tôt en été et emportez de l'eau. Pour comprendre une place forte, faites le tour extérieur par les fossés avant d'entrer, puis montez au point le plus haut.
Larressingle, dans le Gers, est souvent présenté comme le plus petit village fortifié de France. Son enceinte du XIIIe siècle, entourée de douves, renferme quelques maisons, une église et le donjon des évêques de Condom. On en fait le tour en quelques minutes, et la visite se combine facilement avec Condom et l'abbaye de Flaran.
À Rothenburg ob der Tauber, le chemin de ronde couvert se parcourt sur une grande partie de l'enceinte. À Óbidos, on fait le tour complet du village sur les murailles, sans garde-corps. La Couvertoirade, sur le Larzac, ouvre aussi une partie de son chemin de ronde. Ces promenades sont plus agréables tôt le matin ou en fin de journée, quand la lumière est rasante et les visiteurs rares.
Villefranche-de-Conflent, dans les Pyrénées-Orientales, fait partie des fortifications de Vauban inscrites au patrimoine mondial, avec son enceinte et le fort Libéria. Entrevaux, dans les Alpes-de-Haute-Provence, doit à Vauban le remaniement de sa citadelle et de ses portes. Brouage, en Charente-Maritime, est une place forte de la même époque, construite sous Richelieu.
C'est une fortification à bastions, conçue pour l'artillerie à partir du XVIe siècle : les pointes de l'étoile permettent de couvrir chaque mur par des tirs croisés, sans angle mort. Bourtange, aux Pays-Bas, en est un exemple remarquable, avec ses cinq bastions et ses doubles douves. Les places fortes de Vauban reposent sur le même principe.