Dordogne (24) · Nouvelle-Aquitaine · France
Monpazier
La bastide anglaise de 1284, un damier de pierre blonde intact autour de sa place aux cornières.
Monpazier est la bastide que l'on montre dans les manuels : un rectangle de 400 mètres sur 220, des rues qui se coupent à angle droit, une place centrale entourée d'arcades, la halle, l'église en retrait. Rien n'a bougé depuis le XIIIe siècle, ou presque. Les maisons en pierre blonde sont séparées par des andrones, ces passages étroits qui servaient de coupe-feu. Sous les cornières, les voûtes en ogive abritent les terrasses et, le jeudi matin, les étals du marché. Depuis les portes fortifiées, la vue s'ouvre sur les collines du Périgord Pourpre, entre bois de châtaigniers et prairies.
Visiter Monpazier prend deux heures pour l'essentiel, une demi-journée avec le Bastideum et l'église. Que faire à Monpazier ensuite ? Marcher vers le château de Biron par la campagne, pousser jusqu'aux bastides voisines de Villeréal et de Beaumont, ou descendre sur la vallée de la Dordogne. Le village se prête aux séjours lents : on y revient le soir, quand les arcades sont éclairées et que la place appartient aux habitants.
Que voir à Monpazier
Les lieux à ne pas manquer à Monpazier
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La place des Cornières
Le cœur de la bastide : un rectangle bordé sur ses quatre côtés d'arcades en pierre, dont les angles sont coupés par des passages en biais, les cornières. Les façades du XIIIe au XVIIe siècle se serrent au-dessus, avec fenêtres à meneaux et toits de tuiles. Le matin, le soleil entre par l'est et éclaire une galerie après l'autre. Prenez un café sous les arcades avant l'arrivée des visiteurs.
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La halle et ses mesures à grain
Sur la place, la halle du XVIe siècle repose sur des piliers de bois et une charpente de chêne. Sous son toit, on remarque encore les mesures à grain creusées dans la pierre, utilisées pour les transactions du marché. C'est ici que se tient le marché du jeudi et, à l'automne, le marché aux cèpes, où les cagettes s'alignent en fonction des cueillettes du matin.
- 03
L'église Saint-Dominique
Bâtie dès la fondation, remaniée aux XVe et XVIe siècles, l'église présente une large nef unique, une abside polygonale et un portail flamboyant. À l'intérieur, les stalles sculptées du XVe siècle et une chaire en bois retiennent l'attention. Une inscription révolutionnaire au-dessus de la porte rappelle le culte de l'Être suprême. L'église est en retrait de la place, comme dans toutes les bastides.
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La maison du Chapitre
À côté de l'église, cette grange dîmière du XIIIe siècle, où l'on stockait les redevances en nature, garde une façade percée de baies géminées et d'un étage en encorbellement. Elle est l'un des rares bâtiments civils médiévaux de cette taille conservés en Périgord. On ne la visite pas, mais sa façade se lit très bien depuis la rue, surtout en lumière rasante le matin.
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Le Bastideum
Ce centre d'interprétation installé dans une maison ancienne explique la fondation des bastides, l'organisation du damier, le rôle des chartes et la vie quotidienne au XIIIe siècle. Maquettes, jeux d'époque dans le jardin, films et parcours pour les enfants. C'est la meilleure façon de comprendre ce qu'on voit ensuite dans les rues. Comptez une heure, davantage avec des enfants.
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Les portes et les remparts
Sur les six portes d'origine, trois subsistent, encadrées de tours carrées ou percées dans des maisons. Un tour extérieur par les chemins qui suivent l'ancien rempart permet de voir les jardins en terrasse, les murs de soutènement et la campagne vallonnée. Au nord, la porte donne sur le foirail, où stationnaient les bestiaux les jours de foire. Boucle d'une trentaine de minutes.
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Les andrones
Entre les maisons, des passages de quelques dizaines de centimètres séparent les parcelles : les andrones. Ils évacuaient les eaux de pluie, servaient de coupe-feu et de latrines. Ils sont l'un des signes les plus lisibles du plan de fondation, où chaque lot mesurait 8 mètres de façade sur 20 de profondeur. Cherchez-les dans les rues transversales, ils sont parfois cachés par une grille.
Randonnées
Randonner à Monpazier : 3 itinéraires
Chaque itinéraire a sa page détaillée : étapes, dénivelé, point de départ, conseils et équipement. Distances et durées indicatives pour un marcheur moyen, par beau temps.
Boucle de Monpazier par la vallée du Dropt
Départ de la porte nord. Le chemin descend vers le Dropt, une rivière bordée d'aulnes et de saules, longe des prairies et un ancien moulin, puis remonte à travers un bois de châtaigniers vers le plateau. Dans la dernière montée, la bastide apparaît en profil, avec son clocher et ses toits de tuiles. Dénivelé faible, autour de 120 mètres. Sentier balisé, boueux au printemps près de la rivière.
Voir l'itinéraire détailléDe Monpazier au château de Biron
Un itinéraire de campagne vers la forteresse des barons de Biron, visible sur sa butte depuis les premiers kilomètres. Petites routes, chemins agricoles, hameaux en pierre blonde, une chapelle isolée. Comptez une heure et demie sur place pour la visite du château et le village. Retour par le même chemin ou par une variante balisée au nord. Peu d'ombre entre les villages, prévoyez de l'eau.
Voir l'itinéraire détailléChemin des bastides vers Villeréal
Une traversée vers la bastide voisine de Villeréal, en Lot-et-Garonne, par les collines qui séparent Périgord et Agenais. Le chemin passe entre pruniers, noyers et bois de chênes, avec des vues sur le plateau. Villeréal accueille avec sa halle à étage en bois et sa place à arcades. Prévoyez un retour en voiture ou une nuit sur place. Dénivelé cumulé d'environ 250 mètres.
Voir l'itinéraire détailléInfos pratiques
Visiter Monpazier : accès, parking, saison
Comment venir
Monpazier se situe à 45 km au sud-est de Bergerac par la D660, à 50 km de Sarlat et à 30 km de la vallée de la Dordogne. Pas de gare : les plus proches sont Le Buisson-de-Cadouin (ligne Bordeaux-Sarlat) à 25 km et Bergerac. Aéroport de Bergerac à 50 km.
Où se garer
Des parkings gratuits entourent la bastide, notamment près du foirail au nord et le long des anciens remparts. La place des Cornières et les rues centrales sont piétonnes ou très restreintes. Le jeudi matin, jour de marché, garez-vous à l'extérieur et venez tôt, les places disparaissent vite en été.
Quand venir
Le printemps et l'automne conviennent au mieux : les rues sont calmes, la lumière sur la pierre blonde est belle, et l'automne apporte les cèpes et les châtaignes. L'été reste agréable grâce à l'ombre des arcades, avec des animations médiévales. L'hiver est tranquille, avec une partie des commerces fermés.
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- fév
- mar
- avr
- mai
- juin
- juil
- août
- sep
- oct
- nov
- déc
Mois conseillés : avril, mai, juin, septembre, octobre.
Marché et produits
Marché le jeudi matin sur la place des Cornières et sous la halle, avec producteurs de fruits, fromages, canard et noix. À l'automne, un marché aux cèpes se tient sous la halle selon les cueillettes. Villeréal accueille un grand marché le samedi matin, Issigeac le dimanche.
Conseils d'initié
Photographiez la place tôt le matin depuis un angle de cornière, quand les arcades sont vides. Faites le tour extérieur des remparts pour comprendre le plan. Le Bastideum vaut d'être vu avant de flâner, pas après. Combinez avec Biron et Cadouin sur la même journée, ces trois sites se complètent. Le soir, la place éclairée est un plaisir simple, sans rien à faire d'autre que s'asseoir.
Histoire
Un peu d'histoire
Monpazier est fondée en 1284 par Jean de Grailly, sénéchal de Guyenne, au nom d'Édouard Ier, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, pour tenir la frontière face aux bastides françaises voisines. Le plan orthogonal, avec des parcelles de dimensions identiques, attire des colons qui reçoivent des terres et des franchises. La ville change de camp plusieurs fois pendant la guerre de Cent Ans, puis souffre des guerres de Religion : elle est prise par le protestant Geoffroy de Vivans en 1574. En 1594 puis en 1637, Monpazier devient un foyer des révoltes paysannes des croquants ; le meneur de 1637, Buffarot, y est supplicié sur la place. Le déclin du XVIIIe siècle et l'isolement du XIXe siècle expliquent paradoxalement la conservation exceptionnelle du plan et des façades. Aujourd'hui, la bastide compte une trentaine de monuments protégés et sert souvent de décor de cinéma.
Gastronomie
À table à Monpazier
Monpazier est à la charnière du Périgord Noir et du Périgord Pourpre : on y trouve le canard sous toutes ses formes, les noix et les cabécous, mais aussi les pruneaux et les fruits de l'Agenais tout proche, et les vins de Bergerac. L'automne est la saison forte, avec les cèpes vendus sous la halle et les châtaignes de la forêt voisine de Villefranche-du-Périgord. Sous les arcades, plusieurs restaurants et cafés proposent des menus périgourdins et des assiettes du marché ; les fermes-auberges des environs servent des repas plus copieux, souvent sur réservation. Les épiceries fines du village vendent conserves, huile de noix et vins locaux. Le jeudi, achetez fromages et fruits directement aux producteurs du marché.
Autour de Monpazier
Les plus beaux villages autour de Monpazier
Autour de Monpazier s'étend le pays des bastides : Villeréal, Beaumont-du-Périgord, Villefranche-du-Périgord, Monflanquin, Eymet, toutes fondées entre 1250 et 1300 par les rois de France ou d'Angleterre. Le relief est doux, fait de collines boisées de châtaigniers, de vergers de pruniers et de vallées calmes comme celle du Dropt. Le château de Biron domine le sud, l'abbaye de Cadouin le nord. À 30 km, la vallée de la Dordogne apporte ses falaises, ses châteaux et sa rivière ; à 45 km, Bergerac et son vignoble.
Château de Biron
Villeréal
Saint-Avit-Sénieur
Beaumont-du-Périgord
À proximité
D'autres beaux villages près de Monpazier
Limeuil
Un ancien port de gabarres perché au confluent de la Dordogne et de la Vézère, avec ses jardins au sommet
Castelnaud-la-Chapelle
Un château fort aux trébuchets et un village en escalier au confluent du Céou et de la Dordogne
Beynac-et-Cazenac
Une forteresse au bord du vide et des ruelles de pierre blonde qui grimpent depuis la Dordogne
La Roque-Gageac
Un village ocre serré entre la falaise et la Dordogne, face au soleil du Périgord Noir
Domme
Une bastide royale sur son plateau, balcon de pierre blonde au-dessus de la vallée de la Dordogne
Lauzerte
Une bastide blanche perchée sur le Quercy, étape des pèlerins de Compostelle
Questions fréquentes
Vos questions sur Monpazier
Combien de temps faut-il pour visiter Monpazier ?
Deux heures suffisent pour la place, la halle, l'église et le tour des remparts. Ajoutez une heure pour le Bastideum et une demi-journée si vous enchaînez avec le château de Biron. Le jeudi matin, le marché prolonge naturellement la visite.
Où se garer à Monpazier ?
Autour de la bastide, sur les parkings gratuits près du foirail et le long des anciens remparts, à trois minutes à pied de la place. Le centre est piéton ou réservé aux riverains. Le jeudi, jour de marché, et lors des fêtes médiévales d'été, venez avant 9 h.
Que faire à Monpazier avec des enfants ?
Le Bastideum propose des jeux médiévaux dans son jardin et un parcours adapté aux familles. Les andrones et les cornières se transforment en terrain de cache-cache. À 8 km, le château de Biron impressionne par ses salles immenses ; à 20 km, la vallée de la Dordogne offre canoë et baignade.
Monpazier ou Domme, quelle bastide choisir ?
Les deux valent la visite mais ne se ressemblent pas. Monpazier est la bastide la plus complète, avec son plan en damier et sa place à arcades intacte, en pleine campagne. Domme, plus animée, offre la grande vue sur la vallée et une grotte. Elles sont à 35 km l'une de l'autre, faisables dans la même journée.
Quel village visiter après Monpazier ?
Le château de Biron, à 8 km, s'impose. Ensuite, Villeréal et Beaumont-du-Périgord pour comparer les bastides, Cadouin pour son cloître, Belvès pour ses maisons troglodytiques. Vers la vallée de la Dordogne, Castelnaud et Beynac sont à une demi-heure de route.
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