Illustration de la plage des Hattes à Awala-Yalimapo, tortue luth regagnant la mer devant des carbets kali'na.

Guyane (973) · Guyane · France

Awala-Yalimapo

Un village kali'na entre le Maroni et l'Atlantique, où les tortues luth viennent pondre.

Habitants1 400
Altitude5 m
Ville procheSaint-Laurent-du-Maroni (40 km)
ActivitésTortues, Pirogue, Randonnée, Artisanat

Awala-Yalimapo est une commune amérindienne de l'extrême nord-ouest de la Guyane, là où le fleuve Maroni se jette dans l'Atlantique face au Suriname. Visiter Awala-Yalimapo, c'est découvrir deux villages kali'na reliés par une route sableuse : Awala, côté fleuve, et Yalimapo, côté océan, avec leurs carbets de bois et de feuilles de palmier, leurs maisons peintes de motifs géométriques, leurs pirogues tirées sur la berge et leurs jardins de manioc. Le rythme est lent, le ciel immense, et la mer, chargée des sédiments de l'Amazone, prend une couleur brune qui surprend d'abord et que l'on finit par aimer.

La plage des Hattes, longue bande de sable clair entre l'embouchure et la pointe Isère, est l'un des premiers sites de ponte au monde pour la tortue luth : d'avril à juillet, chaque nuit, des dizaines de femelles de plus de 400 kg sortent de l'eau pour creuser leur nid, et de juillet à septembre les nouveau-nés courent vers les vagues. Que faire à Awala-Yalimapo en dehors des tortues ? Écouter les histoires kali'na, apprendre à râper le manioc, remonter le Maroni en pirogue jusqu'aux villages surinamais de Galibi, et marcher sur la plage au coucher du soleil.

Que voir à Awala-Yalimapo

Les lieux à ne pas manquer à Awala-Yalimapo

  1. 01

    La ponte des tortues luth sur la plage des Hattes

    D'avril à juillet, après la tombée de la nuit, les tortues luth remontent la plage, creusent un trou avec leurs nageoires arrière, pondent une centaine d'œufs et repartent, le tout en une heure. Les voir demande du silence, aucune lumière blanche et de rester derrière l'animal. Les guides de la réserve encadrent les observations. Les tortues vertes et olivâtres viennent aussi, plus tôt dans la saison.

  2. 02

    L'éclosion des bébés tortues

    De juillet à septembre, souvent à l'aube ou au crépuscule, des nids entiers libèrent leurs petites tortues noires qui trottent vers la mer en quelques minutes. Les frégates et les vautours guettent. C'est un spectacle bref, accessible aux enfants, sans lampe ni flash. Placez-vous en amont du nid et laissez le passage libre vers l'eau.

  3. 03

    Le village de Yalimapo

    Autour de la place et de l'école, des carbets ouverts aux toits de feuilles de wapa, des maisons peintes de motifs kali'na en rouge, noir et blanc, des hamacs sous les auvents, des manguiers et des cocotiers. Les femmes râpent le manioc et cuisent le couac, la semoule de base, sur de grandes platines. Saluez avant de photographier, et demandez : on vous montrera volontiers.

  4. 04

    L'embouchure du Maroni

    À la pointe du village, le fleuve, large de plusieurs kilomètres, rencontre l'océan dans un fouillis de courants, de bancs de sable et de vagues courtes. En face, la rive surinamaise et les villages de Galibi. Les pirogues à moteur traversent en vingt minutes. Le coucher de soleil sur l'embouchure, avec les pêcheurs qui rentrent, est un moment à ne pas manquer.

  5. 05

    La Maison de la réserve de l'Amana

    Un petit centre d'accueil à Yalimapo présente les tortues marines, les oiseaux des marais, la mangrove et la culture kali'na, avec des maquettes et des panneaux clairs. On y trouve les règles d'observation et les horaires des sorties guidées. C'est le premier arrêt à faire en arrivant, pour comprendre le site et ne pas déranger la faune.

  6. 06

    L'artisanat kali'na

    Vanneries en arouman aux motifs de serpent et de jaguar, colliers de graines et de perles, poteries décorées, calebasses gravées : les artisans du village travaillent sous leurs carbets et vendent directement. Les motifs ont chacun un nom et une histoire. C'est aussi une manière de soutenir une économie locale fragile, loin des circuits touristiques.

  7. 07

    La pointe Isère et les marais de l'Amana

    Au bout de la plage des Hattes, la côte se fragmente en bancs de vase, en mangroves et en lagunes où vivent ibis rouges, spatules roses et caïmans. Le paysage change chaque année avec les bancs de vase venus de l'Amazone. On l'explore à pied à marée basse ou en pirogue avec un guide, jamais seul : la vase peut être piégeuse.

Randonnées

Randonner à Awala-Yalimapo : 3 itinéraires

Chaque itinéraire a sa page détaillée : étapes, dénivelé, point de départ, conseils et équipement. Distances et durées indicatives pour un marcheur moyen, par beau temps.

Moyen 12 km · 3 h 30

La plage des Hattes vers la pointe Isère

Une marche à plat sur le sable, depuis Yalimapo vers l'ouest, jusqu'à l'approche de la pointe Isère et de ses mangroves. Pas de difficulté technique, mais le soleil et l'absence totale d'ombre demandent chapeau, manches longues et deux litres d'eau. Partez à marée descendante, tôt le matin, quand le sable est ferme et que l'on voit les traces de tortues de la nuit. Retournez avant que la marée ne remonte contre les mangroves.

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Facile 6 km · 2 h

De Yalimapo à Awala par la route et le fleuve

Une balade qui relie les deux villages : depuis la place de Yalimapo, suivez la route sableuse bordée de carbets, de jardins de manioc et de cocotiers jusqu'au village d'Awala, sur la berge du Maroni. Le long du chemin, les habitants vendent parfois des galettes de cassave. À Awala, descendez au dégrad pour voir les pirogues et le fleuve. Retour à pied ou en stop, très pratiqué ici. Fin d'après-midi conseillée.

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Facile 4 km · 1 h 30

Sentier de découverte de la réserve de l'Amana

Un court parcours aménagé par la réserve autour de Yalimapo, entre savane sableuse, lisière de mangrove et bord de plage, avec des panneaux sur la faune et la flore du littoral. On y observe des oiseaux de marais, des crabes violonistes et, avec de la chance, un caïman dans une lagune. Faites-le au petit matin, quand l'air est encore frais. Renseignez-vous à la Maison de la réserve sur l'état du sentier en saison des pluies.

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Infos pratiques

Visiter Awala-Yalimapo : accès, parking, saison

Comment venir

Depuis Cayenne, comptez environ 3 h 30 par la route nationale 1 jusqu'à Mana, puis une trentaine de kilomètres de route jusqu'à Awala-Yalimapo, à travers savanes et rizières. Depuis Saint-Laurent-du-Maroni, 45 minutes. Pas de transport public régulier jusqu'au village : voiture de location ou excursion organisée depuis Saint-Laurent. L'aéroport le plus proche est celui de Cayenne.

Où se garer

Le stationnement est libre et facile, sur le sable près de la place de Yalimapo, de la Maison de la réserve et de l'accès à la plage. En saison des tortues, les nuits d'observation attirent du monde : garez-vous à l'écart de la plage, sans phares dirigés vers la mer, et ne roulez jamais sur le sable.

Quand venir

D'avril à juillet pour la ponte des tortues luth, de juillet à septembre pour les éclosions : ces mois coïncident avec la fin de la saison des pluies et le début de la saison sèche, avec des averses qui s'espacent. D'août à novembre, le temps est le plus sec et les pistes sont bonnes. Décembre à mars est très humide.

  1. jan
  2. fév
  3. mar
  4. avr
  5. mai
  6. juin
  7. juil
  8. août
  9. sep
  10. oct
  11. nov
  12. déc

Mois conseillés : avril, mai, juin, juillet, août, septembre.

Marché et produits

Pas de marché fixe au village, mais des ventes directes de cassave, de poisson et d'artisanat sous les carbets. Le marché de Saint-Laurent-du-Maroni, le mercredi et le samedi matin, propose fruits, légumes, couac, poissons du fleuve et cuisine des communautés du Maroni.

Conseils d'initié

Pour les tortues, réservez une sortie avec un guide de la réserve ou du village, respectez la distance et n'utilisez que des lampes rouges. Prévoyez anti-moustique, manches longues et une bâche pour attendre sur le sable. Dormez au village, en carbet ou en gîte, plutôt que de faire l'aller-retour de nuit depuis Saint-Laurent. Le hamac se loue sur place.

Histoire

Un peu d'histoire

Les Kali'na, peuple amérindien de la famille caribe, occupent les rivages entre l'Orénoque et l'Amazone depuis bien avant l'arrivée des Européens. Sur cette pointe entre Maroni et Mana, leurs villages se sont maintenus malgré les épidémies et les déplacements du XVIIe au XIXe siècle, en vivant de la pêche, de la chasse et de l'abattis de manioc. Au XIXe siècle, le bagne de Saint-Laurent-du-Maroni et la colonie agricole de Mana, fondée par Anne-Marie Javouhey, bouleversent la région sans faire disparaître les villages kali'na. En 1988, Awala-Yalimapo se sépare de Mana pour devenir une commune à part entière, la première de Guyane administrée par des Amérindiens, avec un conseil municipal et une chefferie coutumière qui coexistent. La réserve naturelle de l'Amana, créée en 1998, protège depuis les plages de ponte et les marais, et le village est devenu un lieu de référence pour la culture kali'na, avec ses fêtes et ses ateliers d'artisanat.

Gastronomie

À table à Awala-Yalimapo

La cuisine kali'na tourne autour du manioc : le couac (semoule grillée), la cassave (galette plate cuite sur la platine), le cachiri (bière de manioc légèrement fermentée, servie aux fêtes) et le tucupi ou jus de manioc cuit qui parfume les bouillons. Les poissons du Maroni et de la côte, acoupa, machoiran, aïmara, se mangent grillés, fumés ou en bouillon pimenté appelé pimentade. Le gibier, la banane plantain et les fruits du jardin (mangue, coco, cupuaçu) complètent les repas. Quelques familles et gîtes du village servent ces plats sur réservation, souvent sous un carbet. À Mana et Saint-Laurent-du-Maroni, on trouve aussi la cuisine créole, hmong et surinamaise (roti, bami). Goûtez la cassave tout juste sortie de la platine, encore chaude et souple.

Autour d'Awala-Yalimapo

Les plus beaux villages autour d'Awala-Yalimapo

Autour d'Awala-Yalimapo, l'ouest guyanais est un pays de fleuve et de mémoire. La réserve de l'Amana protège les plages, les mangroves et les marais entre le Maroni et l'Organabo. Vers le sud, la route traverse les rizières de Mana, puis le bourg de Mana lui-même, fondé au XIXe siècle par la religieuse Anne-Marie Javouhey. Plus loin, Saint-Laurent-du-Maroni garde les bâtiments du bagne, un marché multiculturel et un front de fleuve animé par les pirogues. Sur l'autre rive, le Suriname est à vingt minutes d'eau.

2 km Site naturel

Réserve naturelle de l'Amana

5 km Village

Galibi (Suriname)

8 km Site naturel

Pointe Isère

15 km Site naturel

Rizières de Mana

Questions fréquentes

Vos questions sur Awala-Yalimapo

Quand voir les tortues luth à Awala-Yalimapo ?

La ponte des tortues luth a lieu d'avril à juillet, avec un pic en mai et juin, la nuit, souvent entre 21 h et 3 h, selon la marée. Les éclosions se produisent de juillet à septembre, à l'aube ou au crépuscule. Les tortues vertes pondent plutôt de février à mai. Renseignez-vous auprès de la réserve sur les meilleures nuits, qui dépendent des marées.

Combien de temps prévoir pour visiter Awala-Yalimapo ?

Au minimum une nuit sur place, pour l'observation des tortues en saison et le coucher de soleil sur l'embouchure. Deux nuits permettent d'ajouter la marche vers la pointe Isère, une traversée en pirogue vers Galibi et un temps d'échange avec les artisans. Le village se combine bien avec Mana et Saint-Laurent-du-Maroni sur trois ou quatre jours.

Peut-on se baigner sur la plage des Hattes ?

La baignade est possible mais peu pratiquée : l'eau est brune, chargée de sédiments amazoniens, les courants de l'embouchure sont forts et la marée découvre des bancs de vase. Restez près du bord, par mer calme, et jamais la nuit en saison de ponte. La plage se prête davantage à la marche, à l'observation et au coucher de soleil.

Awala-Yalimapo avec des enfants : est-ce adapté ?

Oui, à condition de gérer moustiques et soleil. Les éclosions de tortues au crépuscule, en été, sont un souvenir marquant pour les enfants, plus facile que les veilles nocturnes de ponte. Le sentier de la réserve, la visite de la Maison de la réserve et la fabrication de cassave sous un carbet conviennent à tous les âges. Dormir en hamac est une aventure en soi.

Quel village visiter après Awala-Yalimapo ?

Mana, à 30 km, pour son bourg de maisons de bois et son église édifiée par Anne-Marie Javouhey au bord du fleuve. Javouhey, village hmong, pour son marché du dimanche. Puis Saint-Laurent-du-Maroni et le camp de la Transportation, ancien bagne. Galibi, sur la rive surinamaise, se visite en pirogue avec un passeport.

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